Discussion en direct avec Dr. Kaushal Kishor Yadav
Questions posées par des médecins pendant la masterclass Jivo sur Diagnostic et prise en charge du cancer du rectum animée par Dr. Kaushal Kishor Yadav, Associate Director & Unit Head, Surgical Oncology, Max Hospital, Gurugram, India, le . Rédigé par Jivo Healthcare à partir de la transcription de la séance, avec l’aide de l’IA, puis révisé par l’équipe Jivo.
Les médecins d’un hôpital de premier niveau voient des patients atteints d’un cancer colorectal mais doivent les adresser au niveau supérieur, et même le niveau le plus élevé disponible localement ne peut souvent pas les traiter. Que doit faire un médecin dans cette situation ?
Question posée par Dr. Chanda Stephen, Zambia
De nombreux patients africains qui arrivent en Inde rencontrent le même problème : le bilan, le diagnostic et l’accès au traitement prennent très longtemps, ils ne bénéficient pas précocement d’une prise en charge appropriée, et lorsqu’ils nous consultent, la maladie est déjà avancée. Cela se traduit par un traitement plus long en Inde, et au stade quatre, les options sont limitées. Ce qu’un médecin de premier recours peut faire, c’est reconnaître les signes d’alerte et agir en conséquence. Les patients de moins de 40 ans, même dans la vingtaine ou la trentaine, ne sont pas épargnés, car les habitudes et les modes de vie évoluent partout. Chaque fois que ces symptômes sont présents et que les symptômes abdominaux ne s’améliorent pas, le patient doit bénéficier d’une coloscopie ou d’un scanner afin de lever tout doute. Même à ce niveau initial, le médecin peut nous contacter pour nous décrire le patient, les symptômes et les examens initiaux à réaliser.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
Lorsque la qualité de l’IRM est médiocre, comme en Éthiopie, on utilise le scanner même pour les tumeurs rectales, au lieu de l’IRM pelvienne de référence. Est-ce acceptable ?
Question posée par Dr. Mekashaw, Ethiopia
L’IRM est la plus utile lorsque le cancer est situé très bas dans le rectum. Elle montre alors si les muscles pelviens sont exempts de tumeur, et donc si le patient aura besoin d’une stomie ou pourra conserver un transit intestinal normal. Dans les autres cas, un scanner suffit.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
La résection intersphinctérienne est-elle réellement possible même pour un cancer du bas rectum ?
Question posée par Dr. Yagaram
Oui. Une tumeur située bas dans le rectum n’est pas le problème ; la question est de savoir si le cancer peut être retiré complètement. Les recommandations ont montré qu’une marge distale minimale de 1 cm est suffisante, et qu’un examen extemporané peropératoire permet de vérifier que toutes les cellules cancéreuses microscopiques ont été retirées. Cela est possible grâce au plan de clivage embryologique, dit « holy plane » : le cancer du rectum s’étend rarement vers le bas dans la paroi intestinale de plus d’un centimètre ; il s’étend vers le haut le long de son drainage lymphatique embryologique naturel et de ses plans embryologiques. Rester strictement dans ces plans permet au chirurgien de passer entre le sphincter interne et le sphincter externe du canal anal, à condition que ce plan soit libre. S’il l’est, une anastomose colo-anale est possible même dans la partie la plus distale du rectum.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
Dans une structure où l’examen extemporané n’est pas disponible, comment le chirurgien peut-il s’assurer de marges saines, et comment le patient doit-il être suivi après l’intervention ?
Question posée par Dr. Yagaram
Suivez le plan chirurgical avasculaire naturel, en réalisant une dissection aux instruments tranchants entre le sphincter interne et le sphincter externe. À l’examen macroscopique, visez une marge d’environ un centimètre à l’extrémité inférieure de la tumeur, ou de trois à cinq centimètres plus haut selon le siège de la tumeur. Restez dans le bon plan chirurgical et la marge devrait être saine ; le compte rendu histopathologique définitif, lorsqu’il arrive, le confirme.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
Dans une région dont l’infrastructure de santé est très limitée, où les examens paracliniques décrits ne sont pas disponibles, que doivent faire les médecins pour aider leurs patients ?
Question posée par Dr. David Mukeba, DR Congo
Faites tout ce qui est réellement réalisable sous votre propre contrôle. Si quelque chose ne peut pas être fait localement, il vaut mieux adresser le patient à un centre où cela peut être fait avec précision, car le cancer ne laisse qu’une seule véritable chance de choisir la bonne voie thérapeutique.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
Quel est le nom de la technique du cancer du côlon qui vient d’être décrite ?
Question posée par Moderator
L’excision complète du mésocôlon avec ligature vasculaire centrale, abrégée en CME avec CVL.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav
L’enregistrement de la séance et la présentation seront-ils partagés avec les participants ?
Question posée par Moderator
Oui. La séance a été enregistrée et un lien vers l’enregistrement du webinaire sera fourni. Le Dr. Yadav a également partagé sa présentation, en anglais, qui sera elle aussi diffusée.
Réponse de Moderator
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Comment prendre en charge un patient atteint d’un cancer du côlon sigmoïde avec métastases péritonéales ou hépatiques, et quelle est la place de la chimiothérapie néoadjuvante ?
Question posée par Moderator
S’il n’y a qu’une métastase hépatique et qu’elle est limitée, par exemple une, deux ou trois lésions, une métastasectomie hépatique peut être réalisée lors de l’intervention sur la tumeur primitive ou en deuxième temps, à condition de pouvoir tout retirer complètement. Si le foie est truffé de lésions dans les deux lobes, il n’y a pas de place pour une chirurgie à visée curative, seulement une chimiothérapie palliative. De même, s’il n’y a que des implants péritonéaux et aucun autre site, la chirurgie de cytoréduction avec HIPEC apporte un avantage de survie d’environ 50 % dans le cancer colorectal et constitue une bonne option, mais la maladie doit être limitée et l’intervention associée à une chimiothérapie avant et après. Concernant le traitement néoadjuvant : dans le cancer du côlon de stade un à trois, la chimiothérapie néoadjuvante n’a pas de place ; la chirurgie vient en premier. Dans le cancer du bas rectum, notre pratique est la chimiothérapie et la radiothérapie néoadjuvantes pour les tumeurs T3, lorsque le cancer a franchi la paroi musculaire, ou en cas d’atteinte ganglionnaire. Les maladies précoces T1 ou T2, N0 vont directement à la chirurgie ; les maladies avancées reçoivent une chimiothérapie et une radiothérapie néoadjuvantes suivies de la chirurgie. Au stade quatre, l’essentiel du traitement est la chimiothérapie seule, et dans les atteintes hépatiques ou péritonéales limitées, nous donnons trois mois de chimiothérapie, puis la chirurgie, suivie de trois mois de chimiothérapie.
Réponse de Dr. Kaushal Kishor Yadav